Catégorie : Débats

Privatisation, nationalisation, communs, propriété, Etat… Un débat avec Laurent Mauduit

Débat organisé et diffusé en direct le 15 décembre par La Carmagnole

Débat à la Carmagnole sur la loi dite de sécurité globale

Retransmission du débat

La loi sécurité globale décortiquée et un point sur la mobilisation dans un débat retransmis en direct qui s’est tenu mercredi 25 novembre 2020 à la Carmagnole, avec Sophie MAZAS du collectif de Montpellier contre la Loi Sécurité Globale, Jean-Jacques GANDINI de la ligue des droits de l’homme, Jean Marie DINH, journaliste membre du SNJ CGT, Cathy ROCHER SNJ Languedoc et Guy TRUBUIL SNJ Midi- Libre élu journaliste.

Exprimez-vous!

L’Appel des 34 se veut aussi un espace de réflexion, d’échanges. N’hésitez pas à nous proposer vos contributions: propositions de communications sur des ouvrages politiques, sur des articles de presse, billets d’humeur ou autres…

La pandémie du Covid-19 met l’humanité au défi: REFONDONS UNE EUROPE DE LA SOLIDARITÉ!

Forum Européen 2020 édition en ligne

La pandémie du Covid-19 met l’humanité au défi d’engager au plus vite un nouveau modèle de développement qui donne la priorité à la sécurité humaine, à l’émancipation, à la protection de la planète. Des millions de femmes et d’hommes dans le monde disent aujourd’hui : nous voulons que la vie reprenne, mais nous voulons que le monde change.

L’Europe est au cœur de ce défi.

Elle a été frappée de plein fouet : des dizaines de milliers d’Européens-nes sont morts du Covid-19. L’austérité drastique imposée aux systèmes de santé publique après la crise financière de 2008 s’est payée en vies humaines. Aujourd’hui, des millions de salariés sont menacés de pauvreté et de chômage par la crise économique.

Les pays d’Europe ont réagi en ordre dispersé, sans solidarité. Maintenant, l’Union européenne et la BCE mettent sur la table des centaines de milliards d’euros mais la « relance » envisagée est loin de répondre aux défis à venir. Or le temps est venu de changer de modèle.

Nous ne voulons ni des solutions libérales d’hier, ni de guerres entre nations, qui les unes comme les autres feront payer la crise aux peuples d’Europe.

Le système de concurrence qui domine l’Union européenne, les choix de rentabilité capitaliste et productiviste à court terme, destructeurs pour la civilisation et la planète sont plus que jamais à l’opposé des réponses nécessaires pour affronter les enjeux sociaux, écologiques, économiques et politiques que cette crise a révélé pour l’avenir.

La pandémie du Covid-19 nous commande de changer de cap pour engager l’Europe avec détermination dans un nouveau modèle de développement social et écologique, dont les priorités soient la sécurité humaine, le bien-être commun, la protection de la planète et de la biodiversité. Elle appelle une Europe qui agisse pour changer le cours de la mondialisation.

La crise provoquée par le Covid-19 est désormais une crise économique mondiale et une crise des réponses politiques passées de l’Union européenne. Rien ne changera sans l’intervention dans l’action de millions d’Européens.

Cela appelle la convergence agissante de forces progressistes, de gauche et écologistes européennes, des forces syndicales, associatives et citoyennes, disponibles pour bâtir ce nouveau modèle de développement.

Nous avons besoin de débats, de projets et d’actions en commun pour changer concrètement le cours des choses. Nous avons besoin de propositions concrètes.
Pour redonner la priorité aux systèmes de santé publique et aux services publics.
Pour sécuriser la vie de millions de travailleuses et de travailleurs européens.
Pour mettre l’Europe sur la voie d’un nouveau modèle social, écologique et féministe.
Pour réussir la conversion de nos modèles productifs, la relocalisation d’une nouvelle industrialisation tournée vers les besoins humains et la protection de la planète.
Pour redonner aux citoyen d’Europe la souveraineté sur leur destin commun aujourd’hui confisqués par les grands intérêts du capital financier.
Pour penser autrement l’utilisation des immenses richesses créées par le travail, et de l’énorme potentiel de création monétaire de l’Europe, pour que la dette ne redevienne pas à nouveau un fardeau insupportable aux peuples d’Europe.
Pour que l’Europe soit actrice d’un monde plus juste, plus solidaire, plus pacifique, plus coopératif.

Les défis sont nombreux. Pour les mener à bien, nous avons besoin d’espaces communs.

Nous appelons toutes les forces disponibles à participer au Forum européen organisé en ligne en novembre 2020. Ce sera un lieu unique qui va regrouper forces politiques progressistes, de gauche et écologistes, forces syndicales, associatives et citoyennes.

Donnons ensemble au Forum européen un élan mobilisateur pour l’avenir !

Signataires :

Andros Kyprianou, Secrétaire Général d’AKEL, Député
Dimitrios Papadimoulis, Député européen, Syriza
Emmanuel Maurel, Député européen, Gauche Républicaine et Socialiste
Ernest Urtasun, Député européen, Vice-Président des Verts/ALE
Francis Wurtz, Président honoraire de la GUE/NGL
Gabriele Zimmer, Présidente honoraire de la GUE/NGL
Heinz Bierbaum, Président du Parti de la Gauche Européenne
Jose Luis Centella, Président du Parti Communiste d’Espagne
Maite Mola, Première Vice-Présidente du Parti de la Gauche Européenne
Manon Aubry et Martin Schirdewan, Co-Présidents de la GUE/NGL
Marisa Matias, Députée Européenne, Bloco de Esquerda
Mary Lou McDonald, Présidente du Sinn Féin
Nora Mebarek, Députée Européenne, Parti Socialiste Français
Pierre Laurent, Vice-Président du Parti de la Gauche Européenne

La SANTE, un droit Humain lié à une volonté politique…

Par Nelly Lacince

Présentation du texte

Pourquoi la santé est-elle un droit pour toutes et tous ? Parce qu’elle se définit comme un état de complet bien être, physique, mental et social. Elle est l’indicateur d’une société équilibrée.

Parce que c’est une ressource à la vie quotidienne, un concept positif mettant en valeur les ressources sociales et individuelles de chacun.e, ainsi qu’offrir à la personne les capacités physiques à se mouvoir.

Ainsi la santé est un bien commun, individuel et collectif, elle est un droit pour TOUTES et TOUS…

Cependant c’est un droit qui s’acquière tout au long d’une vie. En effet, l’intervention en prévention santé est de la responsabilité de la personne, de la famille, de l’école, du monde associatif ayant pour objet la santé. La promotion santé est de la responsabilité du ou des politiques en soutien à tous les acteurs de santé, donc bien un droit humain majeur partagé.

L’action de prévention se situe en amont de l’apparition des maladies. Etre en bonne santé ne se limite pas à l’absence de maladie. Elle est une approche anticipatrice sur la maladie.

L’action publique prend toute sa place dans la prévention par la promotion de la santé. Elle vient en soutien aux associations et/ou institutions qui s’en chargent, en terme : d’information, de formation, d’éducation, de mise à disposition de moyens de développement visant à promouvoir la santé individuelle et collective, dans les quartiers, les villes, les métropoles.

L’action en promotion cible les populations et donne les moyens d’assurer une plus grande autonomie aux personnes sur leur propre santé. La promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire : elle dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être. La situation psycho-sociale perpétrée par la Covid-19 aujourd’hui indique clairement que le bien être est rompu laissant la place à la peur, source de grand stress pour la population. Ici nous constatons dans la gestion de la crise que seule la question sanitaire est prise en compte niant le bien être de l’Homme. Dans ce contexte, toutes les structures associatives ou institutionnelles qui ont pour objet la prévention ou la promotion de la santé sont absentes du processus confisqué par l’état. Les maires, les présidents.es des métropoles, des départements, des régions sont  mis sur la touche avec peu de marges de manœuvre. Pourtant dans une démarche de politique de santé publique, le politique, quel que soit son degré de responsabilité, est un maillon important de la chaine de décision. Dans cette situation de pandémie, bien plus que dans une période ordinaire, les ressources sociales sont déterminantes au développement des ressources individuelles et collectives.

Quelles sont alors les obligations du politique ?

1. Elaborer une politique de santé publique, si possible cohérente entre toutes les strates des pouvoirs de décisions, communes, agglomérations, métropoles, départements, régions. Il n’en est rien aujourd’hui. Le mille feuille est complexe. Une des politiques prioritaire de santé est : un logement, un droit prioritaire pour tous et toutes. La rue, les logements malsains, ne sont pas des cadres de vie positifs.

2.    Créer des milieux de vie favorables

L’accessibilité au logement pour tous et toutes est un élément majeur de politique de santé publique, l’urbanisme est un enjeu capital, le cadre de vie dans l’environnement de chacun.e est à considérer en priorité. L’école, le parc, l’espace culturel, les commerces, etc… L’urbanité est le maître mot car il prend en compte l’humain dans sa vie quotidienne. Il s’agit de penser le cadre de vie dans des espaces riches de mixité et d’échanges. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’amélioration de la qualité de l’air, par exemple, est une volonté prioritaire pour réduire, limiter les conséquences désastreuses sur la santé des habitants.e.s. L’asthme est toujours considéré comme une prédisposition génétique ou associé à un cadre de vie lié à l’air respiré au cours des mobilités par exemple, ayant pour conséquences : le repli sur soi, l’obésité, les maladies respiratoires de plus en plus constatées par les médecins. Les modes de déplacements et de mobilités sont à questionner car plus les déplacements sont limités plus les risques sanitaires sont réduits. Au delà des questions de mobilité des personnes, les questions : du bruit, de l’insécurité, de l’insalubrité des espaces communs sont à intégrer dans les priorités de quête de mieux être ou de bien être.

3.    Renforcer l’action communautaire au service de la santé publique

Réinventer les services de santé selon les publics visés. Des études sociologiques montrent que le public qui porte le plus d’intérêt aux questions de prise en charge individuelle de sa propre santé est une personne ayant fait plus de trois années d’études supérieures, gagnant plus que le SMIC, ayant entre 30 et 40 ans. Autant dire que ce panel n’est nullement représentatif de la population d’une commune ou autre. Il s’agit alors pour le politique d’engager des actions touchant tous les publics. La création de mutuelles municipales, de centres de santé sont autant de projets significatifs pour toute une population. L’accès facilité aux pratiques sportives ou/et culturelles en lien avec les clubs ou les associations sont autant de pistes intéressantes pour renforcer l’action communautaire. La pratique physique sur ordonnance développée par la fédération du sport pour tous en est un très bon exemple.

L’accès à la culture pour tous, si la culture est loin de toi, elle viendra à toi. Re-produire du lien social par l’action de santé publique.

4.    Un écosystème positif au quotidien

Où l’on peut avoir une pratique de santé positive alors que ‘écosystème ne l’est pas. En 2019 Montpellier s’est vue attribuer la plus haute distinction du label « Ville active et sportive 2019-2021 ». Cette fois ce sont ses équipements qui ont été récompensés. Le CNVAS distingue ainsi les communes développant des politiques volontaristes pour promouvoir l’activité physique et sportive, sous toutes ses formes, et accessible au plus grand nombre. Qu’en est-il de la santé des pratiquants amateurs, libres, car une pratique physique dans un contexte polluant est plus dangereuse qu’une absence de pratique ? Il s’agit de prendre des décisions politiques radicales :

– Faire des choix préventifs et promotionnels de santé publique :

Choix : énergétiques, des mobilités urbaines et rurales, de l’implantation de parcs dans chaque quartier de la commune en créant des espaces protégés respirables.

Garder et développer les terres agricoles protectrices de l’environnement et libératrices de moyens d’alimentation au plus proche de l’usager.

Toutes ces mesures sont des mesures d’accès au droit à la santé qui visent tous les publics :

Les enfants, chez qui le nombre de maladies respiratoires augmente, Les sportifs.ves qui courent ou se déplacent dans des villes polluées par la circulation excessive,  rendant fragiles à long terme les pratiquants. Les enfants des écoles, collèges, lycées qui pratiquent des activités physiques scolaires obligatoires sur des plateaux extérieurs pollués, alors même que le premier objectif de la discipline est l’appropriation d’un habitus santé, un vrai paradoxe, une contradiction et une responsabilité dont nous devons nous saisir. 

Et enfin, les personnes âgées dont nous connaissons les faiblesses respiratoires.

En conclusion, l’objectif d’une politique de santé, digne pour les populations est de : passer d’un fléchage exclusif des moyens sur la santé médicale qui soigne la maladie… à une réorientation de moyens vers la santé préventive qui prévient la maladie tout en installant le bien être au quotidien.

C’est  aussi la définition d’une forme d’Ecologie populaire. Prendre SOIN des populations au plus près de leurs activités quotidiennes, sanitaires, sociales est un droit pour TOUTES et TOUS.

Projection/débat au Diago autour du film “Un pays qui se tient sage”

Jeudi 8 octobre, à 20h15 au cinéma Diagonal à Montpellier, projection/débat autour du film de David Dufresne “Un pays qui se tient sage”. Séance suivie d’un débat organisée par le collectif Stop Armes Mutilantes qui milite pour l’interdiction des armes policières mutilantes.

http://cinediagonal.com/FR/actualite/474/jeu-8-oct.-20h15.html

Lancement de #PlusJamaisCa #Montpellier avec Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC

Intervention d’Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC, lors de l’initiative de lancement du collectif #PlusJamaisCa Montpellier qui s’est tenue à @laCarmagnole

L’instrumentalisation de l’épidémie de COVID-19

Par Patrick Seguin

Présentation du texte par son auteur

Le texte:

La crise sanitaire mondiale concentre à elle seule tout ce que nous combattons du libéralisme,notamment sa recherche effrénée de profit et sa marchandisation de tout ce qui peut exister.

La pandémie actuelle occupe largement l’espace médiatique et public du pays et il devient de plus en plus évident que les mesures décidées et surtout leur mode d’application n’ont pas une visée strictement sanitaire.

1 – PEUT-ON EVITER A L’HUMANITE TOUTE EPIDEMIE, TOUTE PANDEMIE ?

Peut-on éviter à l’humanité toute épidémie, voire pandémie ? Assurément non. L’humanité n’a jamais fait disparaître un quelconque microbe pathogène (bactérie, virus, champignon, etc …). La médecine, préventive ou curative, ne peut que limiter les maladies infectieuses, parfois les éradiquer mais sans les faire disparaître totalement.

Prenons le cas des virus.

Ils jouent un rôle incontournable dans l’évolution du vivant depuis des centaines de millions d’années.

Ce sont exclusivement des parasites intracellulaires. L’individu parasité s’appelle l’hôte. Les virus sont plus ou moins spécifiques d’espèces, de groupes vivants. Ils sont partout. Non seulement ils peuvent se recombiner entre souches différentes chez un même hôte, mais en passant d’une espèce à l’autre ils peuvent transférer des fragments d’ADN, induisant en quelque sorte naturellement des « OGM », ce que sont tous les êtres vivants actuels et passés (bactéries, végétaux, animaux).

2 – LES CAUSES DE LA PANDEMIE

La première cause du développement de la pandémie de Covid-19, comme d’autres, est directement liée à au moins trois facteurs : le bétonnage à outrance, l’agriculture productiviste et la recherche de matières premières à tout prix. Leur combinaison abolit les « frontières » entre urbain et rural et celles entre rural et « sauvage ».

Ces trois facteurs impliquent la déforestation à outrance, mais aussi par exemple la disparition des zones humides.

La probabilité de contact direct entre des virus présents chez des animaux de ces milieux et l’humain augmente.

Une zoonose est une maladie déclenchée chez l’humain par un parasite d’une autre espèce animale.

L’apparition d’une zoonose peut se transformer en épidémie, et ensuite en pandémie grâce au grand déménagement du monde.

C’est le cas de la Covid-19.

La diminution de la biodiversité augmente les risques de pandémies pour l’être humain, les cultures, tous les autres êtres vivants. La biodiversité, ce ne sont pas seulement des espèces différentes mais aussi des patrimoines génétiques variés au sein de chaque espèce et à plus grande échelle des milieux de vie diversifiés. Cette variété génétique favorise la survie de chaque espèce. En effet chaque individu possède ainsi des caractéristiques « cachées » pouvant s’avérer bénéfiques face à une situation nouvelle et assurer sa descendance.

Selon le même processus les épidémies au sein des cultures sont favorisées par les monocultures implantées au nom de la rentabilité et de la productivité.

3 – RETOUR EN ARRIERE RAPIDE

Depuis le début de l’année, on aura entendu tout et son contraire, au-delà des incertitudes scientifiques concernant cette épidémie.

Le plus grave concerne avant tout les mensonges gouvernementaux :

  • Le match Lyon – Turin autorisé parce qu’un « virus ne franchit pas les frontières » : allusion en négatif au nuage de Tchernobyl, alors que le vecteur du virus est justement l’être humain.
  • Le confinement rejeté par le ministre de la Santé parce que « chacun sait qu’il est recommandé d’aérer son appartement, donc de ne pas le confiner, pour éviter toutes sortes de maladies ». Ce monsieur n’est pas assez ignare pour confondre le confinement d’une habitation et celui d’une population : il a menti délibérément.
  • Quant aux masques, personne n’a oublié les explications ridicules de la Porte – parole du gouvernement.

Des mensonges qui ne s’appuyaient pas sur des éléments scientifiques mais qui visaient à occulter les insuffisances du système de santé et à masquer les responsabilités des un.es et des autres depuis de nombreuses années.

Pour le commun des mortels, il devient donc très difficile de s’y retrouver au milieu des mensonges et contradictions officiels.

4 – LA GUERRE DU PRESIDENT MACRON

Le contenu de son discours martial d’avril – « nous sommes en guerre » – reste le fil directeur de la politique gouvernementale.

L’expression est un contresens puisqu’un virus n’est pas un état avec lequel notre pays serait en conflit. Si l’idée sous-jacente est de détruire cet ennemi, l’« idée » est absurde car on ne détruit pas un virus.

Le sens de cette expression est ailleurs : seules des mesures autoritaires vis-à-vis de la population permettront de vaincre (!) l’épidémie.

On aurait presque oublié ces attestations où l’on devait s’auto-autoriser à sortir de chez soi durant le confinement.

Maintenant les masques sont devenus la panacée. Mais pour simplifier la consigne dans les zones à forte propagation, on l’impose dans un large périmètre, même si l’on est seul.e dans la rue.

L’arsenal des lois et décrets qui tombent presque chaque jour donnent toute latitude aux Préfets, adaptation au terrain oblige, pour demander une déclaration préalable de rassemblement ou manifestation, les autoriser ou non , limiter leur nombre de participant.es…

Une aubaine face à un quelconque risque de contestation sociale, environnementale, démocratique.

Il faut faire peur. Oui, en plus du risque de maladie, 135 € ça fait peur.

La prudence n’est plus mère de sûreté.

Il faut diviser la population.

La propagation, c’est la faute des jeunes. Après deux mois de confinement, ils peuvent bien attendre encore un an ou deux pour faire la fête.

Les grands parents ne devraient plus s’occuper de leurs petits enfants. Leur rôle indispensable pendant le confinement est déjà oublié. Pourquoi les confondre avec les résidents en EPAD ?

Opposer les générations est utile au système, une opposition factice car les générations ne sont pas des entités homogènes.

Dans l’idéologie de ce système les retraités sortent du système de production et n’ont donc plus d’utilité sociale : confusion entre emploi et travail…

L’idéologie de cette guerre se manifeste avec cynisme.

Les morts paient leur comportement irresponsable : rectification ou pas, le Préfet Lallement l’a pensé et exprimé.

Le choix des patients à réanimer pouvait se faire sur la base de « critères » afin de soulager la conscience des personnels médicaux : M. Salomon en est fier.

Les interventions de Sibeth N’Diaye ne constituent pas seulement un bêtisier. Regardez à nouveau sa façon sa façon de s’adresser à nous. Cette fille d’une célèbre avocate et d’un riche industriel liés au pouvoir sénégalais corrompu y manifeste la morgue, le cynisme et le mépris de sa classe sociale.

Pendant les week-end de trois jours du mois de mai, la Préfète d’Ardèche a interdit de sortir à deux faire ses courses, prendre l’air… même pour qui vivait sous le même toit !

Fin août , le Préfet de l’Hérault a fait évacuer un squat majoritairement occupé par des demandeurs d’asile sans offrir de relogement. Alors que des équipes médicales visitaient régulièrement ce lieu, près de 200 personnes se retrouvent à la rue dans une zone à propagation du virus classée rouge. La guerre contre les pauvres et les plus fragiles.

5 – QUE FAUT-IL COMPRENDRE ?

On se retrouve souvent confronté.es à des questions tranchées comme :

maladie mortelle ou simple gripette ?

pour ou contre le masque, pour ou contre l’hydroxychloroquine, pour ou contre le confinement, et bientôt pour ou contre un vaccin ?

Ne nous enfermons pas dans de tels dilemmes.

Cependant certains faits se confirment. Toute contamination ne veut pas dire hospitalisation du patient, toute hospitalisation ne l’entraîne pas systématiquement en réanimation, ni ensuite vers la mort.

Le taux de décès semble être très nettement inférieur à 1% des contaminés.

Les personnes fragiles sont âgées et les facteurs aggravants sont certaines maladies chroniques : diabète (induit le plus souvent), troubles cardio-vasculaires avec hypertension, certains cancers.

Il s’agit de valeurs statistiques, bien entendu.

Plutôt que de tabler sur le bon sens de la population par des campagnes de sensibilisation sur les situations nécessitant les gestes barrières, le gouvernement a opté pour l’autoritarisme et la répression.

Grâce au relai des « grands » médias, il nous annonce des chiffres (x contaminations, y hospitalisations…). Sans mise en perspective, sans les variations depuis février, sans les proportions, les chiffres sont une illusion de rigueur scientifique.

Des études à postériori sur les confinements en Europe montrent leur efficacité – relative- face la « vague » (en fonction du premier jour par rapport au premier décès). Ceux de la France et de l’Allemagne ont eu des résultats semblables mais avec des mesures moins liberticides Outre-Rhin.

6 – MASQUER LES CARENCES ET LES RESPONSABILITES

La crainte d’une nouvelle « vague » tient au risque d’engorgement des hôpitaux.

Les pays d’Europe les plus touchés par les décès en début d’année sont l’Italie, l’Espagne et la France. Trois pays où les hôpitaux ont été durement frappés par les politiques d’austérité.

Rappel de quelques chiffres.

Taux de lits de réanimation (pour 100 000 habitants) :


AllemagneAutricheFranceItalie
1998774,255,5
201765,53,52,5

Lits d’hôpitaux supprimés en France entre 1993 et 2020 : 162 904.

Sans compter les suppressions de postes, les conditions de travail, les rémunérations.

Les revendications des personnels hospitaliers sont loin d’être satisfaites par M. Macron.

Les mesures radicales utiles se limitent à la population.

Aucune réquisition n’a été réalisée : ni pour la fabrication des masques, ni pour la production de solution ou de gel hydroalcoolique …

Pire, le gouvernement se refuse à reprendre Luxfer pour le conditionnement de l’oxygène, il a, dans un premier temps, interdit aux pharmaciens de fabriquer du gel et il a prétexté des difficultés juridiques pour que les labos vétérinaires effectuent la PCR (après prélèvement par les labos biologiques d’analyse médicale), il n’a pas répondu à la demande de cliniques privées disponibles dans l’est.

Le gouvernement verse des larmes de crocodile en constatant les délocalisations qui privent le pays de médicaments de base, d’équipements hospitaliers.

Il s’offusque d’apprendre qu’un vaccin à l’étude par un groupe privé serait vendu en priorité au pays l’ayant financé. Hypocrisie de la part de personnes dont l’idéologie c’est justement la concurrence « libre et non faussée » et la rentabilisation de la santé.

L’émergence de microbes pathogènes pouvant provoquer de nouvelles épidémies, voire de pandémies, est une certitude. Les responsables au pouvoir restent muets sur les mesures à prendre pour anticiper ces risques.

7 – LEUR MONDE D’APRES SERA CELUI D’AVANT

« Premières propositions post-Co-VID-19 dans le domaine de la santé »

En mars, le gouvernement a reçu ce rapport commandité auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations. Ses préconisations parlent d’elles-mêmes :

  • Instaurer des solutions numériques pour les maladies psychiques.
  • Créer de nouvelles règles de financement fondées sur l’ « efficience »
  • Mettre en place des « Contrats à Impact Social » dans le but d’ « éviter des coûts à la Sécurité Sociale » et s’opposant à l’hospitalisation.
  • Responsabiliser (!) les patients, en particulier ceux atteints d’une Affection de Longue Durée.
  • Financer les hôpitaux via des PPP (Partenariats Public-privé)… « vertueux » !
  • Créer des « hôtels hospitaliers » permettant les « déversements de patients peu atteints en cas de surchauffe de l’activité ».
  • Créer des « Navires Hôpitaux » : ?
  • Développer la e-santé afin que la « santé numérique » et les téléconsultations deviennent la norme, en faisant appel à 700 start-up, banques, grands groupes de la santé, GAFAM.
  • Mettre en place des « Fonds de dettes en gestion déléguée ». En réalité des fonds vautour.

Sur le marché de l’immobilier sanitaire Icade Santé possède 135 établissements, un portefeuille évalué à 5,5 milliards d’euros.

Cette société est détenue à hauteur de 38,8% par la Caisse des Dépôts et Consignations.

La même politique néolibérale, au profit de quelques actionnaires, va se poursuivre.

L’on pourrait aussi citer Sanofi qui reçoit des aides de l’Etat, qui continue de verser des dividendes et prévoit de licencier.

Il en est de même dans le domaine de la recherche où les chercheurs vont continuer à chercher… des fonds, au nom de la « compétitivité stimulante », et où les contrats précaires vont devenir la norme. Seuls 400 millions sont prévus pour 2021 et les 1 milliard par an sur 10 ans n’engagent pas les futurs gouvernements.

Il n’est pas prévu que la France prenne des mesures quelconques face à la surexploitation des milieux, responsable de l’émergence croissante d’épidémies nouvelles. Sans parler de l’exploitation des humains.

Pas un mot non plus sur le fait que les facteurs aggravants sont en majorité des maladies chroniques liées au mode de vie imposé par le capitalisme : la malbouffe et ses perturbateurs endocriniens (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète induit…), la pollution atmosphérique (affection respiratoire).

Cette contribution a pour seule ambition de nourrir le débat

Patrick Seguin, septembre 2020

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