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La SANTE, un droit Humain lié à une volonté politique…

Par Nelly Lacince

Présentation du texte

Pourquoi la santé est-elle un droit pour toutes et tous ? Parce qu’elle se définit comme un état de complet bien être, physique, mental et social. Elle est l’indicateur d’une société équilibrée.

Parce que c’est une ressource à la vie quotidienne, un concept positif mettant en valeur les ressources sociales et individuelles de chacun.e, ainsi qu’offrir à la personne les capacités physiques à se mouvoir.

Ainsi la santé est un bien commun, individuel et collectif, elle est un droit pour TOUTES et TOUS…

Cependant c’est un droit qui s’acquière tout au long d’une vie. En effet, l’intervention en prévention santé est de la responsabilité de la personne, de la famille, de l’école, du monde associatif ayant pour objet la santé. La promotion santé est de la responsabilité du ou des politiques en soutien à tous les acteurs de santé, donc bien un droit humain majeur partagé.

L’action de prévention se situe en amont de l’apparition des maladies. Etre en bonne santé ne se limite pas à l’absence de maladie. Elle est une approche anticipatrice sur la maladie.

L’action publique prend toute sa place dans la prévention par la promotion de la santé. Elle vient en soutien aux associations et/ou institutions qui s’en chargent, en terme : d’information, de formation, d’éducation, de mise à disposition de moyens de développement visant à promouvoir la santé individuelle et collective, dans les quartiers, les villes, les métropoles.

L’action en promotion cible les populations et donne les moyens d’assurer une plus grande autonomie aux personnes sur leur propre santé. La promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire : elle dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être. La situation psycho-sociale perpétrée par la Covid-19 aujourd’hui indique clairement que le bien être est rompu laissant la place à la peur, source de grand stress pour la population. Ici nous constatons dans la gestion de la crise que seule la question sanitaire est prise en compte niant le bien être de l’Homme. Dans ce contexte, toutes les structures associatives ou institutionnelles qui ont pour objet la prévention ou la promotion de la santé sont absentes du processus confisqué par l’état. Les maires, les présidents.es des métropoles, des départements, des régions sont  mis sur la touche avec peu de marges de manœuvre. Pourtant dans une démarche de politique de santé publique, le politique, quel que soit son degré de responsabilité, est un maillon important de la chaine de décision. Dans cette situation de pandémie, bien plus que dans une période ordinaire, les ressources sociales sont déterminantes au développement des ressources individuelles et collectives.

Quelles sont alors les obligations du politique ?

1. Elaborer une politique de santé publique, si possible cohérente entre toutes les strates des pouvoirs de décisions, communes, agglomérations, métropoles, départements, régions. Il n’en est rien aujourd’hui. Le mille feuille est complexe. Une des politiques prioritaire de santé est : un logement, un droit prioritaire pour tous et toutes. La rue, les logements malsains, ne sont pas des cadres de vie positifs.

2.    Créer des milieux de vie favorables

L’accessibilité au logement pour tous et toutes est un élément majeur de politique de santé publique, l’urbanisme est un enjeu capital, le cadre de vie dans l’environnement de chacun.e est à considérer en priorité. L’école, le parc, l’espace culturel, les commerces, etc… L’urbanité est le maître mot car il prend en compte l’humain dans sa vie quotidienne. Il s’agit de penser le cadre de vie dans des espaces riches de mixité et d’échanges. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’amélioration de la qualité de l’air, par exemple, est une volonté prioritaire pour réduire, limiter les conséquences désastreuses sur la santé des habitants.e.s. L’asthme est toujours considéré comme une prédisposition génétique ou associé à un cadre de vie lié à l’air respiré au cours des mobilités par exemple, ayant pour conséquences : le repli sur soi, l’obésité, les maladies respiratoires de plus en plus constatées par les médecins. Les modes de déplacements et de mobilités sont à questionner car plus les déplacements sont limités plus les risques sanitaires sont réduits. Au delà des questions de mobilité des personnes, les questions : du bruit, de l’insécurité, de l’insalubrité des espaces communs sont à intégrer dans les priorités de quête de mieux être ou de bien être.

3.    Renforcer l’action communautaire au service de la santé publique

Réinventer les services de santé selon les publics visés. Des études sociologiques montrent que le public qui porte le plus d’intérêt aux questions de prise en charge individuelle de sa propre santé est une personne ayant fait plus de trois années d’études supérieures, gagnant plus que le SMIC, ayant entre 30 et 40 ans. Autant dire que ce panel n’est nullement représentatif de la population d’une commune ou autre. Il s’agit alors pour le politique d’engager des actions touchant tous les publics. La création de mutuelles municipales, de centres de santé sont autant de projets significatifs pour toute une population. L’accès facilité aux pratiques sportives ou/et culturelles en lien avec les clubs ou les associations sont autant de pistes intéressantes pour renforcer l’action communautaire. La pratique physique sur ordonnance développée par la fédération du sport pour tous en est un très bon exemple.

L’accès à la culture pour tous, si la culture est loin de toi, elle viendra à toi. Re-produire du lien social par l’action de santé publique.

4.    Un écosystème positif au quotidien

Où l’on peut avoir une pratique de santé positive alors que ‘écosystème ne l’est pas. En 2019 Montpellier s’est vue attribuer la plus haute distinction du label « Ville active et sportive 2019-2021 ». Cette fois ce sont ses équipements qui ont été récompensés. Le CNVAS distingue ainsi les communes développant des politiques volontaristes pour promouvoir l’activité physique et sportive, sous toutes ses formes, et accessible au plus grand nombre. Qu’en est-il de la santé des pratiquants amateurs, libres, car une pratique physique dans un contexte polluant est plus dangereuse qu’une absence de pratique ? Il s’agit de prendre des décisions politiques radicales :

– Faire des choix préventifs et promotionnels de santé publique :

Choix : énergétiques, des mobilités urbaines et rurales, de l’implantation de parcs dans chaque quartier de la commune en créant des espaces protégés respirables.

Garder et développer les terres agricoles protectrices de l’environnement et libératrices de moyens d’alimentation au plus proche de l’usager.

Toutes ces mesures sont des mesures d’accès au droit à la santé qui visent tous les publics :

Les enfants, chez qui le nombre de maladies respiratoires augmente, Les sportifs.ves qui courent ou se déplacent dans des villes polluées par la circulation excessive,  rendant fragiles à long terme les pratiquants. Les enfants des écoles, collèges, lycées qui pratiquent des activités physiques scolaires obligatoires sur des plateaux extérieurs pollués, alors même que le premier objectif de la discipline est l’appropriation d’un habitus santé, un vrai paradoxe, une contradiction et une responsabilité dont nous devons nous saisir. 

Et enfin, les personnes âgées dont nous connaissons les faiblesses respiratoires.

En conclusion, l’objectif d’une politique de santé, digne pour les populations est de : passer d’un fléchage exclusif des moyens sur la santé médicale qui soigne la maladie… à une réorientation de moyens vers la santé préventive qui prévient la maladie tout en installant le bien être au quotidien.

C’est  aussi la définition d’une forme d’Ecologie populaire. Prendre SOIN des populations au plus près de leurs activités quotidiennes, sanitaires, sociales est un droit pour TOUTES et TOUS.